James présente Exode

Une partie de l'oeuvre de James
Une partie de l'oeuvre de James
Des portraits, des chaussures en couleur suspendues et des chaussures noires au sol...
Des portraits, des chaussures en couleur suspendues et des chaussures noires au sol...
La kalachnikov reconstituée à partir de chaussures usagées noires
La kalachnikov reconstituée à partir de chaussures usagées noires
L'artiste sous son fil de la vie
L'artiste sous son fil de la vie
Mathilde finalise sa kalachnikov
Mathilde finalise sa kalachnikov
Quatre portraits de l'oeuvre de James
Quatre portraits de l'oeuvre de James

C’est un grand honneur pour la commune de Sarrazac d’avoir eu, en avant-première, la chance d’avoir l’exposition « Exode » présentée par l’artiste peintre James. Cette œuvre sera ensuite exposée quelques jours, cet été, à Turenne, Martel et Montvalent avant de partir sur Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Marseille et Paris où James exposera pendant six mois.

James de son vrai nom, Mathilde Bourdeau, vit aujourd’hui à Paris mais elle est née au Liban, à Beyrouth, et elle a passé son enfance à Cazillac où elle est arrivée à l’âge de 4 ans. Elle a été à l’école primaire de Sarrazac et c’est dans ce lieu qu’elle adore qu’elle a voulu offrir la première de sa nouvelle exposition intitulée « Exode » aux sarrazacois.

Après ses études d’Arts à Paris, elle travaille dans la restauration des monuments historiques, un peu partout en France, notamment sur la restauration de l’église Saint-Pierre à Gourdon tout en continuant à peindre et à exposer ses œuvres.

Celles-ci sont en exposition permanente à la galerie Médicis, place des Vosges à Paris, à la galerie Alwanne à Beyrouth et bientôt à New-York.

Elle prépare régulièrement des expositions événements, comme la plus connue consacrée à la ville de sa petite enfance et intitulée « Comme une ville oubliée ».

Cette artiste, reconnue par ses pairs, aime revenir dans son Lot presque natal où elle prend le temps d’aller vagabonder dans la nature avec son appareil photo jamais très loin afin d’immortaliser les scènes qui, peut-être un jour, lui inspireront une œuvre. Elle aime comparer certains aspects du causse de Martel au Liban, ces lieux où parfois elle retrouve des paysages identiques au pays qui l’a vu naître.

C’est à la fois à travers les médias, les récits d’amis lors de ses nombreuses visites au Liban qu’elle a commencé à trouver l’inspiration des premières fondations de la construction d’Exode. Elle aime parler du Liban, pays grand comme deux fois le département du Lot, mais qui compte 4 millions d’habitants avec deux millions de réfugiés aujourd’hui.

La particularité de ce pays, c’est sa proximité avec la Syrie où l’Etat islamique fait régner la terreur en causant d’innombrables exactions depuis 2006. Ces crimes, ces génocides provoquant des déplacements de populations toujours plus nombreux.

C’est donc de cette misère de l’être humain qu’à travers sa grande sensibilité James a construit son œuvre pour interpeller le visiteur. Elle souhaite que chaque personne qui posera un regard sur ses dix portraits se fasse sa propre interprétation comme c’est toujours le cas quand on admire une œuvre d’art contemporain.

Ces dix portraits, exposés dans la salle des Mariage de la Mairie, ce sont aussi dix histoires où l’artiste s’est exprimée en se libérant pour faire ouvrir les yeux aux gens qui ont pris le temps de visiter son exposition.

Quand l’artiste peint ou construit son œuvre c’est toujours à partir de ses émotions de son ressenti sur des événements qui l’ont interpellée. La kalachnikov reconstituée à partir de chaussures usagées noires en est un exemple significatif. La chaussure, c’est ce qu’il reste de la personne qui fuit les combats et qui est rattrapée par les armes.

Ce côté noir, ce côté carbonisé représente la mort. A l’opposé de la mort il y a la vie, représentée dans cette œuvre par des chaussures en couleur suspendues à un fil, le fil de la vie. L’ensemble témoigne de la notion de fragilité entre vie et mort, bien souvent la vie ne tient qu’à un fil…

James précise que ses toiles ne sont pas à vendre individuellement mais seul l’ensemble le sera et une partie de la recette de cette œuvre sera destinée à une Organisation non gouvernementale. Elle veillera à ce que les fonds qu’elle versera à cette ONG soient utilisés à bon escient.

Mathilde est une artiste engagée qui contribue à travers son œuvre à faire mieux connaitre la misère et les souffrances de ce peuple victime d’exodes de masse dans une région du monde qui lui est très chère.

Le Maire, les élus et l’ensemble des habitants de Sarrazac ne peuvent qu’être admiratifs face à la détermination de son engagement et souhaiter à Mathilde de connaitre un très grand succès dans tous les lieux où elle exposera Exode.